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Sunday, September 22, 2013

La "Château de Propriété" devient un bunker

Le vieux jardin du château en 2006. Il a été détruit en 2013 
Ci-dessous photos avant - après 

Omnicane (la holding détenant Mon Désert, Mon Trésor, Higlands, Bénarès) a fait raser le château de Plaisance. Cette maison ancienne et son énorme jardin étaient situés tout près de l'aéroport.

On oublie facilement que Plaisance est avant tout le nom d'une propriété sucrière avant d'être celui d'un aéroport. Pour la petite histoire, la grande maison coloniale de Riche en Eau se trouvait aussi à Plaisance où elle fut construite en 1870. En 1890, le père d'Edgar de Rochecouste achète la maison de la famille de Bissy, la démonte et la reconstruit à Riche en Eau. C'est la maison que nous connaissons aujourd'hui. Dans le processus, la maison qui comportait deux étages en a perdu un. Mais a gagné le plus beau jardin privé de l'ile.

Plaisance avait néanmoins conservé son "château", selon la tradition orale du sud. Omnicane, le conglomérat qui le possédait, n'a pas jugé bon de le transmettre aux générations futures. Le bâtiment principal a été démoli, le grand jardin fleuri a été détruit et transformé en parking, et un gigantesque blockhaus en béton de 5 niveaux domine désormais à des kilomètres le paysage de la région. 

L'architecte est le cabinet Macbeth Architects & Designers, déjà responsable de la désastreuse rénovation du Réduit Le château du Réduit, un cher massacre. et de l'IRS Azuri qui ne mérite aucun qualificatif AZURI a tué Haute Rive

Omnicane cherche maintenant à construire des IRS, vieux projet pour l'instant frémissant. Des centaines d'appartements et maisons en béton, des hôtels... Tout le littoral sud est concerné par les IRS, puisque celui d'Omnicane sera coincé entre l'IRS de la Cambuse (60 arpents bientôt bétonnés par le groupe Currimjee Jeewanjee), et celui de Savannah (Groupe Espitalier Noel, déjà responsable des IRS de Rivière Noire - La Balise Marina, West Island Ressort) 

Pour le château de Plaisance, c'est trop tard, tandis qu'à un jet de pierre, le vieux campement du Bouchon et ses plages désertes, propriété d'Omnicane, sont toujours vierges de béton. Mais pour combien de temps? 

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Rappelons que la holding InterContinental Hotels Group (propriétaire de Holiday Inn) possède déjà à Maurice l'Hotel InterContiental de Balaclava qui a détruit le lagon et défiguré la côte - voir notre article, vidéo à l'appui: Hotel Intercontinental, Balaclava

Pour en savoir plus sur les IRS du Sud (Omnicane, Currimjee Jeewanjee, Espitalier Noel): 

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Riches / pauvres, blancs / noirs / jaunes, bêtes ou malins: 
nous sommes tous responsables du sort de Maurice, a.k.a. Bétonland.

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AVANT 
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APRES 
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Friday, September 20, 2013

2006: l'état mauricien détruit la plus grande maison coloniale de l'ile


Ci-dessus: la Royal Navy Children's School dans les années 1970
Dossier photo complet sous l'article

En 2006, l'état mauricien décide de faire démolir la plus grande maison coloniale de l'ile dont il est propriétaire. Construite entièrement en bois imputrescibles, en bon état général malgré l'absence total d'entretien de la part de l'état, elle ne demandait pourtant que peu de rénovation. Il faut dire que l'état n'entretient aucun des édifices anciens dont il a la charge ce qui, dans un climat sub-tropical comme Maurice, précipite leur fin.

Cette immense maison, c'était l'école Maurice Curé, à Vacoas... Sa longue varangue circulaire était décorée de motifs art-deco, version tropicale. La balustrade en bois était aussi de style art-deco, la maison ayant été construite au début du XXe siècle. La varangue était soutenue par des dizaines et des dizaines de colonnettes en teck peintes en blanc.

Les enfants des fonctionnaires britanniques, qui habitaient principalement Vacoas, fréquentaient cette école jusqu'à leur départ définitif en 1975, quelques années apres l'indépendance de l'ile. Les élèves mauriciens en uniformes à carreaux écossais prirent la relève jusqu'à la disparition de cet élément majeur du patrimoine de la ville, et de notre pays.

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2013. A la place, un poutou en béton. Quant aux éléments les plus beaux du bâtiment disparu, ils attendent dans un garage du nord de l'ile qu'on vienne leur donner une seconde chance: portes, fenêtres, éléments décoratifs, planchers en teck...


Pourquoi détruire systématiquement? Pourquoi vouloir arracher à cette ile tout ce qui en fait la beauté?

Tous les jours, l'état continue chaque jour de détruire cette île à travers:
- ses propres destructions
- les permis de "développement" qu'il octroie (funestes EIAs...)
- et le chacun pour soi qui règne à Maurice en matière de construction et d'aménagement du territoire, encouragé par l'état qui ne légifère pas en la matière et en donne le pire exemple.

Adieu mon pays.

Galerie Photo

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1. ANNEES 1960 - 70
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Ci-dessous: une photo et le bulletin de note de Steven Ayling, élève de la Navy School ainsi que se nommait l'école à l'époque. Son père travaillait pour le HMS Mauritius basé à Vacoas. 
La famille Ayling vécu à Maurice quelques années avant de repartir pour la Grande-Bretagne, pratique courante pour les familles de  fonctionnaires britanniques avant l'indépendance. 





Ci-dessous: photo de classe en 1973 (thank you John Goree)

Ci-dessous: vers 1969

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2. ANNEES 1980
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Ci-dessus: une varangue de 100 mètres de long





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3. ANNEES 2010
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No comment...











Sunday, January 29, 2012

Le vieux poste de police de la Rivière Noire va être démoli

Cette jolie petite maison coloniale en bois sous bardeaux sera démolie dans les jours qui viennent pour être remplacée par un bâtiment en béton.


Les ministères et institutions chargés de la protection du patrimoine montrent une fois de plus leur incompétence et le désintérêt qu’ils portent au peu de patrimoine qui existe encore à Maurice. Leur action consiste surtout à ajouter à la liste des monuments historiques du pays des statues neuves d’hommes politique.

Pendant qu'on laisse démolir le véritable patrimoine architectural de notre passé, on transforme cette île en y bâtissant un autre type de "patrimoine". C'est ainsi que, tout près du rond-point de la Vigie, et sur un terrain appartenant à l’état mauricien, des particuliers sont en train de transformer ce qui n'était qu'un petit autel hindou, construit illégalement, en un grand temple en ciment. On se demande comment ceux qui procèdent actuellement à cette "construction" ont pu obtenir les autorisations nécessaires 

D’après le Mauricien du 29 janvier 2012

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Voici comment la radio-télévision nationale rend compte de la nouvelle de la démolition : pas un mot sur le coup porté au patrimoine de l’île ; un aveuglement et une désinformation systématiques que les fautes d’orthographe de l’article permettent d’expliquer : pas de culture pour soi, plus de culture pour son pays.


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A Maurice, nous n’avons pas de Tour Eiffel, pas d’Empire State Building, pas de Taj Mahal. Notre patrimoine, c’est cette petite maison en bois. C’est notre identité. La détruire, c’est nous détruire un peu.

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Ci-dessus: le bureau de poste de la Rivière Noire : prochain bâtiment colonial sur la liste ?

Friday, December 30, 2011

La fin des “cours de propriété”

Avec la fin du règne du sucre sur Maurice, les “établissements sucriers” changent d’aspect à vue d’œil : construction d’énormes centres commerciaux, création de lotissements résidentiels à la place des champs et de cyber-cités aux buildings toujours plus hauts… Le vert recule. Le paysage de Maurice change, et change vite.

Une "cour" typique de la région de Moka dans les années 1950

Un aspect moins visible mais tout aussi profond de ces transformations est la disparition rapide des vieux quartiers résidentiels des cadres des sucreries. En effet, les employés responsables des  champs et des usines à sucre habitent traditionnellement sur la « propriété sucrière », dans des maisons (les « maisons de propriété ») qui leur sont allouées jusqu’à leur retraite.



Ces maisons se trouvent au milieu de jardins toujours vastes et bien entretenus (les « cours »), ceints de haies de buis ou de bambous, le long de chemins ombragés de vieux arbres. De loin, toutes ces « cours de propriété » juxtaposées ressemblent à un vaste jardin botanique. Au centre de la vie des cadres de la sucrerie, le club (prononcer « club », non « cleub »), bâtiment entouré de grandes pelouses et d’arbres fruitiers, accueille les jeux de cartes, les fêtes d’anniversaire et les compétitions sportives.

Ces dernières années, les employés des propriétés sucrières sont de plus en plus souvent priés d’évacuer les lieux. Les cours vieilles de plus de cent ans sont bulldozées, les maisons rasées, les arbres coupés pour faire place à un « développement », à un parking ou même… à un champ de canne.  

Concordia en 2009

  
Prenons l’exemple de la propriété sucrière de « Mon Désert-Alma », à Moka. Le quartier résidentiel de se trouve à « Concordia », St Pierre. Concordia est le nom d’une ancienne maison coloniale depuis longtemps disparue. Son immense parc fut divisé il y a bien longtemps en plusieurs lots de près d’un hectare chacun, et des maisons y furent construites en vue de recevoir les employés de la propriété. Tous ces vieux jardins, comprenaient tous des arbres centenaires, des bassins aux poissons, des kiosques traditionnels, d’énormes bancs de pierre, et les restes des vastes pelouses du vieux Concordia.

DSC00153

Depuis l’année dernière, Concordia est inexorablement bulldozé. Les jardins ont déjà presque tous disparu, il ne reste que deux maisons de propriété encore intactes. Le tout va devenir le parking d’un supermarché « Winner’s ». La grande cour du « field manager », située plus loin sur la route Royale de Moka, a elle aussi déjà été rasée ; c’est aujourd’hui un centre commercial.

Destruction de Concordia, état en mai 2011

Nous sommes sans doute la dernière génération à connaître le vert intense et la vie tranquille des cours de propriété. Ce qui frappe, c'est d'une part la rapidité, d'autre part l'étendue de la transformation du paysage mauricien. Ces changements concernant toute l'ile, la physionomie de Maurice est en train d'être radicalement bouleversée.



Route Royale Moka, comparaison 2004 / 2011:
Deux "cours" de cadres de la sucrerie rayées de la carte, quelques champs au passage:
le lieu est meconnaissable . 

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De l'utilisation du mot "cour":

Au XVIIIe siècle, les colons français habitaient la ville (où les maisons avaient des cours) ou bien la campagne (où les maisons avaient des basses-cours). Ceci expliquant sans doute pourquoi, malgré l’évolution de l’habitat, l’usage du mot cour est préféré au mot jardin jusqu’à nos jours.

Friday, December 16, 2011

Le Moulin à Poudre en danger de mort

Le Moulin à Poudre est propriété de l’état mauricien.

C'est le plus important ensemble d'architecture civile néogothique subsistant à Maurice. Il est formé de 3 bâtiments en pierre de taille placés  en U, ainsi que d’une haute tour en pierre de trois niveaux et un gros puits en pierre attenant.



Entre autres éléments architecturaux remarquables, les hautes portes des édifices latéraux rappellent le style de Charles Rennie Mackintosh, architecte et designer le plus connu et reconnu d’Ecosse, gourou du mouvement Arts &  Crafts. L’une d’elle a été jetée dans le jardin à l’abandon où elle pourri sous les averses tropicales.





Les bâtiments n’ont fait l’objet d’aucun entretien depuis des décennies. Les toits en bardeaux, eventrés ou disparus, occasionnent des dommages irréversibles aux nombreux éléments en bois : planchers, escaliers, plafonds, portes et fenêtres.






Ironie du sort, un bâtiment tout neuf en béton a été construit à l’entrée du jardin… Et personne n’a pensé que ce budget aurait pu aller a l’entretien des vastes bâtiments anciens, livrés à eux-mêmes.


Le Moulin à Poudre tombe en ruines.

Photo ci-dessus extraite d'un article du Matinal: http://www.lematinal.com/news/local-news/423-Prservation-patrimoine-srieux-retard-rattraper.html