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Saturday, December 31, 2011

L’hôtel de ville colonial de Vacoas remplacé par un cube en béton.


L’hôtel de ville de Vacoas se trouvait dans une grande maison coloniale, la Maison Nairac.

Dans les années 80, la ville la fit démolir pour construire à son emplacement le carré en ciment actuel.

Saturday, December 24, 2011

Sur un air de flamboyant

Ci-dessus : ce portail du XIXe siècle se trouvait à Port Louis ;
après la démolition de la maison coloniale qu’il gardait, il fut remonté dans le nord de l’île.


A Maurice, le flamboyant est l’arbre de noël. En créole mauricien, la fleur du flamboyant (delonix regia) est appelée « bouquet-banané », le bouquet de la bonne année.


Jusqu’à l’indépendance en 1968, les routes étaient ombragées d’arbres plantés par le gouvernement colonial. Dans le sud et les régions pluvieuses du nord, le terminalia avait la vedette, dans les hauts plateaux, c’était les camphriers, et dans les plaines, les flamboyants.


Depuis, les routes ne sont plus jamais plantées d’arbres. Pire, on les coupe à un rythme croissant :

-        En 2011, à Riche en Eau, des terminalias centenaires ont été abattus par dizaines

-        2011 toujours, des samanea saman du nord de l’île ont aussi été coupés par dizaines.

-        mars 2011, à Mont Choisy, un homme d’affaire mauricien fortuné fait couper sans être inquiété une cinquantaine de flamboyants centenaires.

-        Un peu plus loin, la longue route parallèle à la plage a perdu plusieurs flamboyants, car l’état a fait trancher leurs racines pour installer une barrière.

-        A Triolet, près du temple, un flamboyant au tronc aussi gros qu’un baoab a été coupé en tranches.

-        En décembre 2011, à Trou aux Biches, juste en face du poste de police, une cinquantaine de cocotiers de Ceylan centenaires ont été abattus par le riche propriétaire du terrain, afin d’y construire des blocs d’appartements destinés a des acheteurs étrangers.

Les arbres mauriciens sont en sursis...


Le long des routes, on cloue des panneaux publicitaires dans le tronc des arbres, les maladies qui en découlent les tuent, quand ils ne sont pas abattus avant.

Lorsqu’il aménage son terrain, le Mauricien commence par couper les arbres « publics » des bords de route, en toute impunité. C’est la loi de la jungle, mais d’une jungle de béton : « chacun fait fait fait, c’qui lui plait plait plait ».

C’est qu’à Maurice, un bout de terre c’est d’abord un bien à « rentabiliser », ce qui signifie en langage local la construction d’un bâtiment en béton le plus gros possible, preuve de la « réussite » du propriétaire, avec une « cour» en ciment qui lui sert d’écrin.


La plupart des Mauriciens ne respectent pas leur île. Ils ne comprennent pas les touristes qui vantent ses beautés naturelles ou historiques : c’est pour eux une langue étrangère.

Il est navrant que le gouvernement mauricien, engagé dans la construction de plusieurs axes routiers nouveaux, aux quatre coins de l’ile, n’ait comme toujours pas prévu de plantation d’arbres pour les agrémenter.

A la Réunion toute proche, la construction de la toute nouvelle « Route des Tamarins » s’est accompagnée de la plantation de 675 000 jeunes plants, 100 000 plants arbustifs et 3 700 bosquets de tamarins... Quel contraste.
Le gouvernement mauricien dit vouloir copier Singapour, mais il ne lui prend que son béton, pas sa nature magnifique. Vision parcellaire d’un Maurice de plus en plus gris.


Il manque deux choses essentielles à Maurice : une volonté politique et une prise de conscience de la population.

Grosse colère après l’abattage de flamboyants centenaires à Mon-Choisy












Ci-dessus: abattage d'une cinquantaine de flamboyants à Mont Choisy en mars 2011 (source: l'Express)
http://www.lexpress.mu/story/21919-grosse-colere-apres-l-abattage-de-flamboyants-centenaires-a-mon-choisy.html

Route des Tamarins, la Réunion:

East Coast Parkway, Singapour, bordé de samanea saman: 

East Coast Parkway Expressway (ECP) Exit 8B

Sunday, December 18, 2011

L'une des toutes dernières maisons centenaires de la rue Pope Henessy détruite

La rue Pope Henessy comptait certaines des plus belles maisons de Port Louis. Jusque dans les années 1950, les familles aisées des hauts plateaux les louaient en juillet pour la saison des représentations théâtrales du théâtre de Port Louis.

2006

Cette maison a été entièrement restaurée vers l’an 2000 afin d’abriter les locaux de la firme automobile SAAB.

Lorsque cette dernière quitta l’île quelques années plus tard, la maison fut pourtant démolie par son propriétaire.

Aujourd’hui ne subsiste que le mur d’enceinte. L’emplacement de la maison est un terrain vague. Il deviendra sans doute un parking, puis un building en béton, étapes classiques qui suivent la plupart des démolitions de vieux bâtiments port-louisiens.

Il ne reste que 3 maisons centenaires dans la rue Pope Henessy, toutes les autres ont été détruites, dont une demi-douzaine depuis l'an 2000. A ce rythme, elles auront toutes disparu dans les années qui viennent.



2012

Friday, December 16, 2011

Mais où sont passées les grilles du Jardin de la Compagnie ?

Le magnifique portail du Jardin de la Compagnie est en fait celui de l’ancien Hôtel de Ville de Port Louis.



Après la destruction de ce beau monument de la ville, remplacé par un énorme cube en béton (ou « poutou »), les anciennes grilles ouvragées en fonte furent enlevées et placées le long du Jardin de la Compagnie, sur la Chaussée.


Des travaux furent effectués au jardin dans les années 2000, et les grilles anciennes en fonte furent enlevées et remplacées par d’autres, toutes simples. Qui a pris le portail de l’hôtel de ville ? Qu’a-t-on fait de ce joyau du patrimoine port-louisien ?

Mais où sont donc passées les grilles du Jardin de la Compagnie ?

Le marché de Rose-Hill en sursis

Image

Construit en 1930, le marché de Rose Hill fut partiellement reconstruit en 1954. Il a toutefois conservé ses belles grilles en fer forgé et un beau travail de pierre de taille notamment (mur, piliers).

Aujourd’hui, c’est le plus important du pays, après le marché Central de Port-Louis.

La "municipalité" prévoit de le détruire afin de construire un marché neuf.

http://www.bbrh.org/index.php?option=com_content&task=view&id=44&Itemid=115

Burran House, un domaine colonial en danger

A Maurice les grandes maisons de bois des villes des hauts plateaux, avec leurs grands jardins agrémentés de pelouses et vergers derrière des haies en bambous, s’appelaient des « campagnes ». Il y en avait des centaines. On disait par exemple « connais-tu la campagne de la famille X ? » ou bien « je suis passé devant la campagne des Y ».

Ironiquement, toutes ces « campagnes» se trouvaient dans ce que les mauriciens appellent « les villes des hauts ». Il y en a 7, qui se touchent toutes : Beau Bassin, Rose Hill, Moka, Quatre Bornes, Phoenix, Vacoas et Curepipe.

Les villes des hauts étaient une juxtaposition de campagnes.

Puis les villes jardins se sont transformées en stériles amas de béton. La vie des « campagnes » dura 100 ans, des années 1860 aux années 1960.

La destruction par centaines des campagnes a profondément modifié la physionomie de l’île et la vie des ses habitants.

En 2011, l’île Maurice compte moins d’une dizaine de campagnes.

 

Cette grande maison coloniale, typiquement mauricienne, a une longue histoire. Emblématique des maisons mauriciennes du XIXe siècle, elle est construite entièrement en bois sur un sous bassement en pierres de taille. Sa varangue est carrelée d’un damier de marbre blanc et noir tandis que les pièces intérieures sont toutes en planchers de bois précieux. La superficie bâtie est de 450m2.

Un jour, la maison devint hôtel. Sous le grand comble en bardeaux de bois, les propriétaires anglais de l’époque coloniale recevaient les fonctionnaires britanniques fraîchement débarqués dans l’île, alors Colony of Mauritius. Des bâtiments annexes, agrémentés de varangues, furent reliés a la maison principale afin d’accueillir plus de résidents.

Puis un Mauricien acquit la propriété, et l’hôtel redevint maison.

Années 2010. Avec la mort de ce dernier propriétaire, la maison est mise en vente. Cernée par les autoroutes, coincée entre les hypermarchés, centres commerciaux et usines qui ont supplanté les champs de canne, le terrain de près de deux hectares ne manquera pas d’attirer l’attention des « développeurs ».

Il faut sauver Burran House.