Showing posts with label Calodyne. Show all posts
Showing posts with label Calodyne. Show all posts

Saturday, September 21, 2013

La désinformation, une plaie pour Maurice

Quel avenir intellectuel pour les enfants mauriciens, élevés au pays où on ne dit rien?

UNE HAGIOGRAPHIE SINON RIEN
=============================
La désinformation dont sont victimes les Mauriciens est l'un des grands scandales de ce pays. Cette désinformation est à la genèse du projet Maurice, derrière la carte postale. Car pour le bien d'un pays, il faut dire les choses telles qu'elles sont. Sans diagnostique, pas de traitement possible.

Cette désinformation prend deux formes:
-  1/ passer sous silence complet certains faits d'actualité 
- 2/ reproduire tel quel les conférences de presse et autres matériaux encensant systématiquement tous les nouveaux projets notamment de "développement", sans jamais les remettre en question. La Mauritius Broad Casting Corporation est la reine en la matière.

UN EXMPLE CONCRET
===================
On croit rêver: 24 heures après l'article de Maurice derrière la carte postale sur l'hôtel Zilwa Attitude, le Mauricien décide à son tour de publier son article sur ce même hôtel. Il s'intitule "Calodyne: Les Creolias Hotels sommé de respecter sa EIA Licence"-http://www.lemauricien.com/article/calodyne-les-creolias-hotel-somme-respecter-sa-eia-licence

Cet article est un SCANDALE pour 2 raisons:

1/ Avez-vous remarqué, les noms diffèrent. Mais il s'agit bien de l'Hôtel Zilwa Attitude, dont l'ancien nom est Les Creolias. Ce nom a été changé par la direction avant même l'ouverture notamment à cause des polémiques dont il est l'objet. Ecrire un article sur les Creolias - dont personne ne se souvient - alors qu'il s'agit de Zilwa - dont on sait qu'il va ouvrir prochainement à Calodyne, c'est mal faire son travail de journaliste. Cela revient à dédouaner Zilwa, vierge de tous maux, des méfaits du grand méchant Creolias

2/ Bien pire encore, on s'attendait (ENFIN) à un article dénonçant le scandale écologique que représente cet hôtel (voir notre article: Zilwa: Calodyne ne lui dit pas merci). Eh bien non: l'article du Mauricien signale seulement que les travaux... genèrent de la poussière, ce qui importune le voisin. 
- Et les dommages irréversibles faits à l'écosystème du lagon? Pas un mot. 
- Et le fait que la cote est défigurée à tout jamais? Pas un mot non plus...

En conclusion, 
- ni le Mauricien 
- ni le Ministère de l'Environnement (qui a octroyé le permis EIA* à Zilwa) 
- ni le groupe hôtelier Attitude 
ne trouvent rien à redire sur le mal fait à cette partie de la côte mauricienne.

L'avenir de Maurice, c'est pas gagné. 

*EIA: Environmental Impact Assessment, permis octroyé sur dossier par le Ministère de l'Environnement nécessaire  au démarrage notamment des travaux des projets hôteliers ou immobiliers.


Thursday, September 19, 2013

Zilwa: Calodyne ne lui dit pas merci


L'Hotel Zilwa (ex-projet Les Creolias) ouvrira bientôt - voir à ce sujet:  A Calodyne, les pêcheurs ne veulent pas qu’on bouleverse le lagon


VOIR PHOTOS AVANT - APRES
EN BAS DE L'ARTICLE

1. SEUIL DE TOLERANCE TOURISTIQUE
------------------------------------------------------------
Lorsqu'en 1994 une experte de renommée mondiale estimait que Maurice avait atteint son seuil de tolérance touristique, les hôteliers mauriciens feignirent de mal entendre: - "mais enfin on peut affréter plus d'avions, il y a encore plein de plages disponibles, et une main d'oeuvre nombreuse...". Et ils avaient raison.

Ce qu'ils ne comprenaient pas en revanche, c'est qu'il existe d'autres critères: 
- l'impact sur la culture et les paysages de l'ile, 
- la pollution directe et indirecte, visuelle et environnementale,
- le changement des mentalités, 
- l'approvisionnement en eau, 
- la pression immobilière et le rétrécissement de l'espace, 
- la disparition des plages publiques, etc.

19 ans plus tard, on en est sûr: il y a trop d'hôtels à Maurice. Beaucoup, beaucoup trop. L'impact sur la culture et l'environnement est indéniable. L'ile s'est appauvrie en terme de paysages et d'authenticité. Il ne reste que trop peu d'endroits vraiment préservés. Et les Mauriciens sont de plus en plus dépourvus de lieux tranquilles pour un cassage de pose en bonne et due forme.

2. PETITE ILE, MEGA PROJETS
----------------------------------------------

En outre, tous les nouveaux projets de développement, notamment hôteliers,  revêtent désormais une dimension nouvelle : les moyens mis en oeuvre ont changé
- d'échelle et
- de nature

POLLUTION AU BETON
- les structures sont en béton. Le sol est pollué par les gravats issus de la construction laissés sur place sous le gazon de l'hôtel. Le surplus de détritus polluant est expédié on ne sait où. Ou plutôt on sait: de plus en plus de Mauriciens recouvrent leurs terrains de ces matériaux, obtenant par exemple un terrain plat, donc constructible, à la place d'un terrain en pente. Le reste fini souvent dans les mares, notamment au nord et à l'ouest de l'ile. Ces mares ainsi bouchées deviennent également constructibles (au prix d'une énorme pollution), de la mise en danger des plages (qui en ont besoin comme filtre) et d'inondations futures. Hôtel, maisons particulières, bureaux: à Maurice tout le monde ne construit qu'en béton, sans se poser de question... Il serait temps de le faire.

POLLUTION DU LAGON
- Le type de terrain n'est plus une contrainte, on en fait ce qu'on veut. A Calodyne, Zilwa n'a pas hésité à extraire du sable du lagon afin de créer des plages artificielles. L'extraction de sable est interdite par la loi depuis 1994. Zilwa a utilisé des pompes puissantes pour aspirer le sable dans la mer puis le déverser au bord du bucolique littoral rocheux, paysage inchangé depuis la dernière glaciation il y a 5000 ans. Car le ministère de l'environnement lui a octroyé le fameux "Environmental Impact Assessment" nécessaire. Ce lieu tranquille ayant une faible profondeur d'eau était une pouponnière d'alevins... Et aujourd'hui?

Zilwa n'est qu'un exemple parmi tant, tant d'autres...


A Maurice, peu importe ce qui existe, on en fait ce qu'on veut. Forêt, plage tranquille, maison coloniale n'existent pas. Seul existe le terrain, sur lequel on construira comme bon nous semble. Le patrimoine bâti ou naturel de cette île ne compte pas. L'Euro, oui.

Alors vive l'Euro, et à mort l'île Maurice.





Calodyne, 1979: une côte tranquille de roches noires
au bord d'une pouponnière d'alevins

Exactement le même endroit, fin 2013: 
une énorme plage artificielle au bord d'un lagon stérile.

Thursday, January 19, 2012

A Calodyne, les pêcheurs ne veulent pas qu’on bouleverse le lagon

Conflit ouvert entre les pêcheurs de Calodyne (nord-est de Maurice) et la direction du futur hôtel Les Créolias : la construction de cet hôtel comprend en effet d’importants travaux dits de  « réhabilitation » du lagon.

Les travaux consistent à évacuer la vase et le sable du site afin de baisser le niveau du lagon d'un mètre. Le sable elevé du lagon servira à créer une plage artificielle et à redessiner le lagon, créant ainsi de nouveaux courants. Les pêcheurs (et eux seulement) dénoncent ces travaux qui menacent l’écosystème.

L'extractio de sable du lagon est interdite par la loi à Maurice. Pourtant c'est exactement ce qui se passe ici.


Le président de l’Association des Pêcheurs de l’île Maurice estime que le Ministère de l’Environnement n’aurait pas dû accorder d’Environment Impact Assessment (EIA) au promoteur : le permis EIA  doit en théorie garantir que les travaux n’auront aucun impact sur l’environnement, ce qui n’est pas le cas ici.

Les promoteurs de l’hôtel, eux, se retranchent derrière ce permis EIA, obtenu du Ministère de l’Environnement, qui leur donne le droit de faire des travaux  sur terre et dans la mer. 

Les promoteurs des Créolias ont consigné une déposition à la police concernant la présence des pêcheurs sur le site, tandis que ces derniers travaillent en ce moment avec des juristes afin de voir comment s’opposer à ces travaux.


Les Créolias :
---------------
Terrain à bail obtenu du gouvernement mauricien en mars 2011 : 15 arpents comprenant un front de mer de 250 mètres et deux îlots
Coût de construction : EURO35 millions
Nombre de chambres : 215
Ouverture prévue, septembre 2013




A Maurice, les projets d’hôtels et résidences pour étrangers sont de plus en plus nombreux. Ils comprennent de plus en plus souvent de gigantesques  travaux redessinant la cote de l’île. Par endroit, elle méconnaissable.

Les pêcheurs font partie des rares opposants à cette situation, même s’ils recherchent parfois simplement une compensation financière. En somme, pas grand monde fait pas grand-chose pour que cela change, et  des milliers de villas, appartements et hôtels seront construits sur l’île dans le moyen terme.

Comme il ne reste quasiment plus de plages disponibles à Maurice, ou bien on fait en sorte de déloger les occupants mauriciens actuels de la cote (taxes immobilières prohibitives), ou bien on crée des plages artificielles sur les emplacements encore inoccupés, phénomène qui se généralise.

Maurice n’est plus un pays qu’on doit aimer, servir et protéger. Maurice est un moyen - de se faire de l’argent.