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Friday, October 4, 2013

Port-Louis tire la langue à St Malo




Hiver 2008. Madame Dominique Taillandier, adjointe aux maire de St Malo, arpente le trottoir port-louisien. A ses côtés,  le Lord Maire de Port-Louis, Monsieur Thomas. Ensemble, ils dévoilent une plaque commémorative. Elle est apposée sur un volet du vieil immeuble des notaires, situé juste en face de l'hôtel de ville. La plaque en cuivre vient rappeler que c'est dans ce bâtiment du XVIIIe siècle que résida le plus célèbre des Corsaires, le Malouin Robert Surcouf. On se sourit, on se congratule, on se serre la main, on evoque les liens qui unissent les deux villes. 

Hiver 2011. la Mairie de Port-Louis, propriétaire du bâtiment, decide de le faire démolir. Le bâtiment a 250 ans - Et alors? Construit entièrement en pierre de taille, il ne nécessite que peu d'entretien - Et alors? Il est un des rares rescapés du tsunami de béton qui a détruit Port Louis à la fin du XXe siècle - Et alors? Et les sourires échangés il y a 3 ans à peine, et la poignée de main, et la plaque sur le volet brinquebalant? Aux oubliettes!

A deux pas du théâtre, cet édifice est l'un des tous derniers immeubles coloniaux de la pathétiquement bétonnée rue Desforges. Outre Surcouf, Roi des Corsaires, cet immeuble colonial abrita les études des plus prestigieux notaires de l'ile. On accède à ces bureaux décrépis par un grand escalier en bois de natte, encadré de colonnes toscanes. Au rez-de-chaussée, incroyable: un vrai magasin port-louisien; du plancher fait de larges lattes au plafond de bois crème, la marchandise pend, s'étale, vous saute presque à la figure. On y trouve de tout, du cadre à photo en forme de fleur aux sandales en cuir, des robes de petite fille aux albums de timbres, des souvenirs évanescents à la précarité du temps qui passe... 

Une ou deux voix anonymes s'élevent, on évoque le titre de propriété, le fait que la propriétaire qui l'a cédé à la mairie exigeait la préservation du bâtiment en l'état. Finalement, la mairie renonce à son projet. Seulement pour l'instant, bien sûr. Le bâtiment ne sera pas détruit, simplement abandonné à son sort, sans entretien, il pourrira sur place. Car c'est cette même mairie qui prône la destruction de ce qu'elle nomme les "eye-sore", comprenez les bâtiments anciens négligés par leurs occupants. Elle veut les voir  disparaitre du paysage de Port-Louis.

Port-Louis, c'était le coeur de l'ile Maurice...

Maurice a fait une crise cardiaque depuis longtemps!








Saturday, December 31, 2011

Le plus bel immeuble de la Rue de la Corderie détruit


Cet immeuble typique de l’architecture coloniale du Port-Louis du début du XIXe siècle a été démoli en 2009-2010.

Les matériaux de prix du bâtiment (énormes moellons de basalte taillés à la main, balustrades monogrammées, portes-fenêtres et escalier sur deux étages en bois précieux) ont été expédiés à la Réunion.

On construit à la place un immeuble en béton.




Ci-dessus: le bâtiment en cours de démolition. Les bardeaux ont déja disparu

Souvenir de 2006 : le bâtiment était en excellent état.




En remplacement du bâtiment colonial, ça

Une vieille pagode chinoise de Port-Louis démolie

Portail typique du vieux Port-Louis (pierre de taille et fer forgé)

Il existait à Port-Louis cinq temples chinois anciens :
-        aux Salines (belle maison coloniale à tourelles aux balcons de fer forgé), démoli dans les années 90,
-        rue Remy Ollier, toujours la,
-        Rue Royale, en piteux état
-        Sur la Route de Pailles, modifié mais toujours là
-        Et puis celui de ces photos-ci.

Ce dernier temple fut rasé dans l’indifférence en septembre 2010. Il n'existe plus.

Qu’il soit civil, religieux ou public, le peu qu’il reste du patrimoine de l’île Maurice  disparaît à vue d’œil.