Showing posts with label architecture coloniale de l'ile Maurice. Show all posts
Showing posts with label architecture coloniale de l'ile Maurice. Show all posts

Tuesday, February 21, 2012

महाशिवरात्रि: Grande Nuit pour Shiva, petite journée pour Maurice

Pointe aux Piments, février 2012

En hindoustani :

-        मह maha = grand (prononcer "meuheu"),
-        शिव Shiv = Shiva (prononcer "shiveu"),
-        रात्रि rat ou ratri = nuit (prononcer "rate" ou "ratri").

La grande nuit de Shiva, Maha Shivratri ou महाशिवरात्रि, est le festival religieux le plus important de l’île.

Depuis une vingtaine d’années, il a gagné en importance, et on estime aujourd’hui que 450 000 hindous mauriciens font le déplacement chaque année pour le petit lac de Grand Bassin, au centre de l’île. Les pèlerins viennent y puiser de l’eau du Gange, avec lequel communique le lac par delà les océans.

Après avoir fait le déplacement le long des routes mauriciennes jusqu’au lac, les délégations de chaque village rentrent chez elle pour la grande nuit de Shiva. On célèbre le dieu par une grande prière de nuit. La plus importante a lieu au vieux temple de Triolet. Ce jour est férié à Maurice.

Ces photos montrent l’état de Maurice après le passage des pèlerins. Bien sur, il ne s’agit pas de stigmatiser qui que ce soit en particulier. Tous les Mauriciens ont les mêmes « automatismes » vis-à-vis de l’environnement. Il s’agit juste de rendre compte d’une situation. Cette situation, c’est le manque de respect du Mauricien en général pour son pays. L’inconscience de ce que signifie aimer et protéger son pays.

Les photos les plus frappantes sont peut-être celles de ces enfants qui jouent parmi les immondices jetés partout dans l’île en route pour Grand Bassin. Nous les avons interrogés : ces détritus, les enfants ne les avaient même pas remarqué. Et c’est bien le problème : on s’habitue a tout. Quand on grandit dans la saleté, on ne trouve rien à y redire. On ne la voit pas. L’anormalité est normale. Le sale est propre. Maurice, ce Maurice-là, c’est tout ce que connaissent ces enfants.




Ci-dessus:
Solitude, après le passage des pelerins,
février 2012

Ci-dessous:
Pointe aux Piments, après le passage des pèlerins,
février 2012












Monday, February 13, 2012

La rue de l’Eglise en danger de mort

Rue de l'Eglise, Port Louis, Ile Maurice, 2006

Port Louis, c’était LA ville coloniale par excellence. Des enfilades de balcons en fer forgé dans les rue commerçantes, des bâtiments en gros moellons de pierre de taille du XVIIIe siècle près de la rade, des rue bourgeoises dont les grosses maisons en bois blanc et toit de bardeaux noirs se cachaient pudiquement de la rue à l’ombre de manguiers géants.

Port Louis, ce n’est plus, dans un océan de béton de cinq, dix ou quinze étages, que quelques rues plus ou moins intactes. Plus ou moins… Elles sont peut être quatre ou cinq, ces rues qui retiennent un tout petit peu du charme passé de la capitale. La rue de l’Eglise est de celles-la. Mais pour combien de temps ?


Souvenir de 2006

Dans les années 1980, une architecte mauricienne fit un relevé scientifique du patrimoine bâti à Port Louis. Elle dénombra plus de mille bâtiments d’intérêt architectural et historique. Il y a dix ans, ils n’étaient plus que 450. Et aujourd’hui ?

Depuis l’an 2000, le rythme des destructions s’est tellement accéléré que les rares bâtiments anciens de la ville sont danger immédiat de démolition. Il faut dire que

  • d’une part, la municipalité a sorti un arrêté insensé ordonnant la démolition des bâtiments coloniaux en bois 
  • d’autre part la mentalité des mauriciens a suivi le mouvement : plus personne n’aime ni ne veut de maison ancienne.
Un pays, ce sont ses habitants qui le font. Depuis plusieurs dizaines d’années maintenant, les Mauriciens ont chaussé des lunettes qui leur brouillent la vue : ils ne savent plus voir la beauté. C’est là la principale raison du triste sort des maisons coloniale de l’île Maurice. Elles auront totalement disparu d’ici 2020.

On estime à plus de 20 000 le nombre d’édifices coloniaux démolis à Maurice depuis les années 1960, soit la quasi-totalité des bâtiments existants sur l’île avant l’indépendance en 1968.



------------------------------------







Photos ci-dessus : la Cathédrale Saint Louis, point de départ de la Rue de l’Eglise.

La section basse (commerçante), qui s’appelle aujourd’hui la rue Sir William Newton, a été presque entièrement détruite;  sur la centaine de bâtiments à étage en pierre ou bois pourvus de balcons en fer forgé qui la bordaient, 5 seulement sont encore debout, quoique mal entretenus.


-------------------------------------------------

Exemples de maisons coloniales rue de l'Eglise



Section haute de la rue de l’Eglise (résidentielle),
comparison aspect en 2006 et 2012 :
 plusieurs bâtiments coloniaux centenaires ont déjà été démolis.

----

EXEMPLE 1: MENACE

Exemple 1: bâtiment menacé, 2006


Exemple 1: bâtiment menacé, 2012

----
 
EXEMPLE 2: DETRUIT




Exemple 2: bâtiment détruit,
ancienne résidence d'une riche famille originaire d'Inde.
Comparez l'état du trottoir en pierre de taille avant et après la démolition (photos 1 et 4)

----

EXEMPLE 3: MENACE




Exemple 3: bâtiment menacé
 

Ci-dessus, l’exemple type de la grande maison coloniale port-louisienne :
  • inspiration néo-classique,
  • grosses colonnes toscanes,
  • grilles en fonte et piliers de pierre,
  • bâtiment en bois, sous bassement en pierre de taille,
  • murs blancs, toits noirs, volets bleu-gris
  • allée pavée de pierre,
  • l’ombre d’un vieux manguier,
  • symétrie et sobriété
----

EXEMPLE 4: DEMOLI


Exemple 4: acienne maison coloniale, 2006 / 2012

----


EXEMPLE 5: MENACE






Exemple 5: bâtiment menacé

Ci-dessus: cette maison coloniale à étage date de la seconde moitié du XIXe siècle. Entièrement construite en bois sur un sous-bassement en pierre de taille, les codes de son ornementation, très différents par exemple de ceux de la Réunion toute proche, en font une maison typiquement mauricienne.

La maison est restée dans la même famille depuis sa construction, voila près de 150 ans. Le propriétaire actuel en a hérité de sa tante, morte sans enfant. La maison abrite aujourd’hui les locaux de son entreprise pharmaceutique.

Et après ? Que fera la nouvelle génération ? Et la municipalité, qu’inventera-t-elle pour pousser à la destruction du bâtiment ?


--------------


Retour en 2012. Le génie des artisans mauriciens s’est perdu.
Aujourd’hui on construit à tour de bras, n’importe où, n’importe comment.
Et on détruit le beau lègue des Mauriciens d'hier.